Lac Bowker
   

 

 

« Il ne faut pas oublier qu’il faut maintenir une lutte constante pour empêcher le phosphore naturel du sol ainsi que celui issu des champs d’épuration, responsables de la prolifération des plantes aquatiques de se rendre au lac. »

Dossier - Rives

16 novembre 2017

Les plantes aquatiques sont-elles nuisibles ?

conference

Samedi le 12 août dernier, lors de notre épluchette du blé d’Inde annuelle, nous recevions Madame Roxanne Tremblay, biologiste à RAPPEL (Regroupement des Associations Pour la Protection de l’Environnement des Lacs et des bassins versants) — Coop de Solidarité en Protection de l’Eau. Nous invitons nos membres à consulter le site de RAPPEL, vous y trouverez une mine d'informations de qualité.

Cette dernière nous a donné une conférence très pertinente sur un sujet qui préoccupe l’ensemble des riverains et utilisateurs du lac Bowker, celui des plantes aquatiques et des algues.

Voir ci-dessous un résumé des notes rédigées par nos membres de sa conférence.

Est-ce une algue ou une plante aquatique ?
Lors de cette conférence, nous avons d’abord appris à distinguer entre ces deux organismes présents dans les lacs à eau douce. Les algues sont des micro-organismes qui se regroupent parfois en colonie dont certaines prennent la forme d’algues filamenteuses. Pour plus d’informations, consulter le site du RAPPEL ici.  

Quant aux plantes aquatiques, on les reconnaît par leurs tiges, feuilles et racines. Pour les informations plus complètes, y compris des photos et dessins des plantes différentes, consultez le site du RAPPEL ici.

Quels sont les rôles des plantes aquatiques ?
En croissance normale, les plantes aquatiques :

  • Libèrent de l’oxygène dans le plan d’eau
  • Stabilisent les sédiments du littoral avec leurs racines
  • Réduisent l’érosion de la rive en protégeant les berges des vagues
  • Fournissent un habitat pour la faune; servent d’abri de lieu de reproduction et d’alimentation.
  • Captent les nutriments provenant de l’eau et des sédiments.
Bref, elles font partie intégrante de l’écosystème aquatique.

Il faut toutefois surveiller la variation dans la densité et la diversité des herbiers ainsi que les espèces présentes, car elles peuvent contribuer au phénomène d’eutrophisation des lacs.

À quel moment les plantes aquatiques deviennent-elles problématiques
En croissance excessive, les plantes:

  • Modifient l’habitat
  • Augmentent la quantité de matières organiques
  • Augmentent l’envasement du fond
  • Réduisent les réserves d’oxygène
  • Modifient la biodiversité
Toutefois, il est tout à fait normal que certaines zones comme les baies comptent plus de plantes aquatiques, étant donné que les eaux sont plus tranquilles et plus riches en nutriments.

Comment éviter la prolifération excessive des plantes aquatiques ? 

Il faut agir sur trois fronts :

  • Réduire les apports de phosphore et d’azote, car le phosphore et l’azote sont des engrais pour les plantes aquatiques
  • Réduire les apports en sédiments, car ils sont propices à l’enracinement.
  • Maintenir l’ombrage naturel, le soleil étant une source de chaleur et d’énergie.
La façon optimale d’atteindre ces trois objectifs est de s’assurer d’avoir une bande riveraine adéquate, tout en combinant bien sûr avec des actions au niveau du bassin versant.

Pourquoi ne doit-on pas les arracher ?

 Parce que les arracher :

  • Provoque une croissance accrue des algues
  • Facilite la dispersion des espèces exotiques envahissantes
  • Perturbe l’habitat aquatique
  • Détruit les lieux de reproduction, d’alimentation et des abris
  • Remet des sédiments en suspension

Les arracher ne les empêche pas de repousser plus tard.
Il faut régler le problème à la source.
Il faut agir au niveau de l’apport en nutriments et en sédiments dans le bassin versant .

 

Conclusion générale
Les plantes aquatiques ne sont pas en soi le problème, mais plutôt un indicateur du problème.

 

Il y a cependant des plantes envahissantes :

  Certaines espèces sont considérées envahissantes, car elles peuvent :

  • Se reproduire rapidement
  • Étendre facilement leur distribution
  • Déloger d’autres espèces
  • Envahir le plan d’eau
  • Nuire à la biodiversité

Une espèce exotique envahissante fait beaucoup parler d’elle : le myriophylle à épi.

myriophylle_epi
Image tirée du site RAPPEL
Il s’agit de l’une des plantes aquatiques envahissantes les plus répandues. Pour plus d’informations, consulter le site du RAPPEL ici.  

  • Plante aquatique arrivée en Amérique du Nord vers les années 1940
  • Provient de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique de Nord
  • Particulièrement efficace pour envahir les plans d’eau puisqu’elle pratique la reproduction sexuée et asexuée (fragmentation des tiges, dépôt au fond des cours d’eau et développement de nouvelles plantes)
  • Grande facilité d’adaptation (eau chaude, froide, calme, agitée, claire, trouble, acide, basique, et tolère faible quantité de sel dans l’eau)
  • Formation d’un épais tapis de tiges à la surface de l’eau qui ne permet aucun apport lumineux au fond de l’eau.

14 juillet 2011

Le 4 juillet 2011 l'administration Bastien de la municipalité du Canton d'Orford a adopté un nouveau règlement visant à modifier l'ancien règlement de protection de la bande riveraine faisant passer la protection de cette zone de 10 mètres à 5 mètres. Un net recul, et ce, à l'encontre de toutes les recommandations du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs et de la plupart des règlements des municipalités composant la MRC. L'APRLB s'oppose avec force à ce changement de règlement qui est un net recul  par rapport aux normes acceptées. Nous invitons nos lecteurs à lire l'article paru dans la section Actulaités 2011.

 

25 avril 2010

Depuis une dizaine d'années, l'APRLB a incité les riverains à revégéraliser leur rive et les groupes environnementaux ont incité les municipalités à règlementer selon les recommandations gouvernementales (10 m ou 15 m selon la pente). 

En 2009, le Canton d’Orford a choisi d’adopter dès maintenant la bande de protection à 10 mètres le long de la rive. Vous pouvez consultez le texte du règlement dans la section Dossiers>Lois.


Pour des lacs propres, propres, propres

Le Soleil
Maison, samedi 4 novembre 2006, p. M28
Horticulture

Pour des lacs propres, propres, propres
Hodgson, Larry
Collaboration spéciale

Depuis quelques semaines, les cas de prolifération d'algues bleues (cyanobactéries) dans les lacs de la région, et notamment le lac Saint-Charles qui fournit de l'eau potable à beaucoup de citoyens de Québec, ont fait les manchettes. La population s'indigne : "Pourquoi le gouvernement ne fait-il pas quelque chose ?" et pourtant, une bonne partie de la responsabilité de cette situation réside carrément dans la façon dont les propriétaires riverains gèrent leur terrain. D'accord, il y a des cas, où la faute principale relève des industries situées en bordure du lac, des fermes qui utilisent un excès d'engrais, des égouts des villes qui ne sont pas conformes à la réglementation, mais dans la majorité des cas, notamment les petits lacs loin de toute industrie et activité agricole, la faute relève carrément de l'attitude des propriétaires qui vivent le long du lac lui-même et qui ont donc le plus à perdre quand leur lac devient contaminé, pollué, plein d'algues puantes.

Une vue sur lac qui coûte cher à l'environnement

Nous avons encore une vision des années 50 vis-à-vis de nos lacs ; on les aime entourés de chalets et de maisons coquettes, chacun avec sa petite plage, son quai et surtout, une belle pelouse verdoyante qui s'étend jusqu'au bord de l'eau. Pourtant, une telle situation est presque garante de problèmes d'eutrophisation (mort des lacs), car elle contribue à l'accumulation de phosphore, d'azote et d'autres polluants dans le lac, ce qui mène à une baisse du taux d'oxygène dans l'eau, à la mort des poissons et à la prolifération des algues. En effet, pelouses et plages n'arrêtent nullement les polluants qui peuvent dévaler les pentes autour du lac et finir dans l'eau. On blâme beaucoup les fertilisants mis sur les gazons et les fosses septiques non conformes, mais même les déchets naturels, comme la poussière, la terre et les feuilles mortes emportées dans le lac par l'érosion contribuent à son eutrophisation.

Une solution si facile

Pourtant, cette eutrophisation est facile à éviter. Il s'agit tout simplement de maintenir la végétation naturelle en bordure du lac, là où elle existe toujours, ou de la réinstaller là où elle a été supprimée. Le gazon n'aide nullement à dépolluer un lac, en fait, il empire la situation ; il faut une végétation plus haute et plus dense. Une végétation qui peut, par ses racines longues, retenir la terre et mettre fin à l'érosion (ne comptez surtout pas sur les fausses plages et le gazon pour le faire !) et filtrer les eaux de ruissellement, absorbant les polluants avant qu'ils n'aboutissent dans le lac. Même avec une fosse septique qui fuit à proximité d'un lac, s'il y a une bande de végétation adéquate, l'eau qui rentre dans le lac sera aussi pure que l'eau de montagne. De plus, l'enchevêtrement des branches de cette végétation empêchera la poussière et une partie des feuilles de finir dans le lac (aussi curieux que cela puisse paraître, quand il y a une forêt qui borde un lac, il y a moins de feuilles et de poussière qui y finissent que lorsqu'il est bordé de pelouse qui n'arrête nullement le vent et tout ce qu'il charrie).

Et il ne s'agit pas de reboiser tout le terrain, mais tout simplement de laisser une bande de végétation en bordure du lac. Vous pouvez avoir une belle pelouse, tant qu'elle ne descend pas jusqu'au lac.

Le gouvernement préconise une "bande de végétation naturelle" autour des lacs, bande qui aura une largeur de 10 m dans le cas des pentes douces et de 15 m dans le cas des pentes abruptes (l'eau descend plus rapidement quand la pente est raide et il faut donc un "filtre vivant" plus large pour bien nettoyer les déchets). Et cela suffit, même quand il y a des sources importantes de pollution près du lac, comme un terrain de golf (où la quantité d'engrais et de pesticides utilisés est faramineuse) ou une terre agricole où on laisse la terre nue l'hiver et qu'on fertilise beaucoup l'été, comme une production de maïs.

Contrer les objections des propriétaires

La solution est si facile... mais allez donc expliquer cela aux propriétaires de maisons souvent cossues en bordure d'un lac. D'ailleurs, il faut voir à quel point les règlements déjà existants sur le maintien des berges sont bafoués encore et encore pour comprendre que plusieurs propriétaires considèrent qu'ils ont le droit de faire ce qu'ils veulent chez eux. Au diable les règlements ! Souvent, ils sont très en faveur à ce que tous les autres installent une bande de végétation en bordure du lac, mais pas eux, car ils veulent conserver leur vue sur le lac, disent-ils.

Mais il ne faut pas voir cette bande de végétation naturelle comme un mur de végétation de 15 m de hauteur qui bloquera toute la vue sur le lac. Bien au contraire, on peut utiliser des arbustes de taille modeste aussi bien que des arbres. Ainsi, encadrez la vue que vous avez présentement
avec des arbres (elle n'en sera que plus belle) et plantez des arbustes là où vous voulez continuer de voir le lac.

Il faut souligner le mot "naturelle" dans le terme "bande de végétation naturelle". Il n'est pas question de planter quelques arbres et arbustes et de les entourer d'une jolie pelouse bien tondue, une telle bande ne sera pas efficace. Plantez plutôt des arbres à environ quatre à cinq mètres d'espacement et des arbustes à un mètre d'espacement, en quinconce, pour créer un peuplement dense. Et arrêtez de tondre, car les graminées, vivaces et même les mauvaises herbes qui pousseront autour des arbres et des arbustes font partie de l'écosystème filtrant. Vous voulez créer une masse de végétation, pas seulement quelques îlots.

Coût minime

Le coût de la revégétalisation des rives est minime, car on peut commencer avec de tout petits arbres et arbustes, mais il ne faut pas attendre, puisqu'il faut normalement une dizaine d'années avant qu'un lac mourant commence à ressusciter une fois qu'on arrête de le polluer. Les poussées d'algues bleues cet automne indiquent donc qu'il est grand temps de commencer !

Que planter ?

Dans le fond, il n'y aurait pas besoin de rien planter si l'on n'avait pas une urgence d'agir. En effet, si on arrête de tondre et de "nettoyer" en bordure d'un plan d'eau, la végétation naturelle revient toute seule, mais lentement. C'est pourquoi on préconise la plantation de jeunes arbres et d'arbustes pour lancer une naturalisation plus rapide. Il n'est même pas nécessaire d'enlever le gazon, plantez tout simplement à travers la pelouse, arrosez bien le premier été s'il fait sec, puis arrêtez de tondre. Après, l'entretien est nul, car Dame Nature s'en occupera.

Suggestions de végétaux :

> Arbres indigènes
> Bouleau à papier (Betula papyrifera) ; bouleau jaune (Betula lutea) ;
> chêne blanc (Quercus alba) ; chêne rouge (Quercus rubra) ; épinette
> blanche (Picea glauca) ; érable argenté (Acer saccharinum) ; érable rouge
> (Acer rubrum) ; frêne de Pennsylvanie (Fraxinus pennsylvanica) ; mélèze
> laricin (Larix laricina) ; orme d'Amérique (Ulmus americana) ; peuplier
> baumier (Populus balsamifera) ; peuplier deltoïde (Populus deltoides) ;
> peuplier faux-tremble (Populus tremuloides) ; sorbier d'Amérique (Sorbus
> americana) et thuya occidental (Thuya occidentalis)

Arbustes indigènes

> Aulne rugueux (Alnus incana rugosa)* ; cornouiller stolonifère (Cornus
> stolonifera)* ; dièreville chèvrefeuille (Diervilla lonicera) ; myrique
> baumier (Myrica gale)* ; noisetier à long bec (Corylus cornuta) ;
> physocarpe à feuilles d'obier (Physocarpus opulifolius) ; rosier rugueux
> (Rosa rugosa) ; saule de l'intérieur (Salix interior)* ; saule discolore
> (Salix discolor)* ; spirée à larges feuilles (Spirea latifolia) ; sureau
> du Canada (Sambucus canadensis)

* Végétaux qui tolèrent les inondations et qui peuvent donc aller en bordure du plan d'eau.

Au ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec on préconise l'utilisation d'arbustes, d'arbres et de conifères indigènes de façon à contribuer à attirer la faune indigène. Par contre, si vous voulez incorporer dans votre bande de végétation quelques végétaux qui ne sont pas indigènes, comme des arbustes au feuillage coloré ou un arbre pleureur, cela ne nuira nullement à l'efficacité du projet. L'important, c'est de créer un écosystème qui fonctionne, voilà tout.

Agir ensemble pour un effet positif

Beaucoup de lacs ont des associations de riverains (ou devraient en avoir). Idéalement ces groupes devraient s'organiser (et d'ailleurs plusieurs sont en train de le faire) pour présenter les avantages de la revégétalisation des rives à leurs membres, pour appuyer leurs démarches et pour trouver des sources de végétaux et de l'aide technique. Les municipalités aussi doivent s'impliquer, non seulement en appuyant les associations de riverains, mais aussi en osant appliquer les règlements déjà existants, plutôt que de fermer les yeux sur les contrevenants.

Guérir un lac malade est si facile... quand tout le monde travaille de pair. Et que les déboires de nos lacs cet automne servent d'avertissement : le temps d'agir, c'est maintenant!

© 2006 Le Soleil. Tous droits réservés.

 

Reboisement des rives

Depuis une dizaine d’années, l’APRLB a incité les riverains à revégétaliser leur rive. En 2009, le Canton d’Orford a choisi d’adopter dès maintenant la bande de protection à 10 mètres le long de la rive. Mais pour la qualité du lac, l’herbe haute ne sera pas suffisante afin de retenir le sol lors d’érosions par la pluie ou par les vagues. Il faut des arbustes avec un système racinaire développé pour retenir le sol, dont le myrique baumier, la spirée à larges feuilles, le saule arctique, etc. Ces arbustes servent également à freiner, filtrer et rafraîchir l’eau qui descend, en surface comme sous la terre, vers le lac.

Il ne faut pas oublier que nous devons maintenir une lutte constante pour empêcher le phosphore naturel du sol ainsi que celui issu des champs d’épuration, responsables de la prolifération des plantes aquatiques de se rendre au lac. Comme la municipalité agit sur plainte, la revégétalisation prendra beaucoup trop de temps par le laisser-faire (laisser pousser).

L’APRLB s’engage à faire les démarches nécessaires afin que des formations soient offertes aux riverains.

 

LAC BOWKER

ASSOCIATION DES PROPRIÉTAIRES RIVERAINS DU LAC BOWKER